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Lombok est souvent présentée comme la voisine plus calme et plus authentique de Bali, une destination alternative pour ceux qui pourraient se sentir submergés par le flot de touristes sur l’Île des Dieux. Lombok est si proche de Bali que, alors que j’écris ces lignes depuis une plage de galets d’Amed, je peux l’apercevoir, à peine dissimulée derrière les nuages à l’horizon.
Mais bien qu’elles soient toutes deux très proches (à moins d’une heure de bateau à travers le détroit), ces deux îles ne pourraient pas être plus différentes. Chaque fois que le ciel est suffisamment dégagé, généralement au lever ou au coucher du soleil, pour me permettre d’apercevoir le mont Rinjani au-dessus de la mer, ce que je vois en réalité, c’est un appel à l’aventure, un appel à sortir de ma bulle douillette qu’est devenue Amed.
Je suis donc retournée aux îles Gili, où je n’avais plongé qu’une seule fois lors de mon premier voyage en Indonésie, et je me suis enfin aventurée au-delà de ces trois petites îles, souvent associées à tort avec Bali. Après des découvertes exaltantes au Sulawesi et en Papouasie, je peux affirmer sans hésiter que Lombok n’offre pas les meilleurs sites de plongée d’Indonésie. J’ai néanmoins trouvé autre chose qui pourrait également plaire aux voyageurs qui prennent leur temps et partent pour un long séjour en Indonésie.
Plonger à Lombok en un coup d’œil
La plongée à Lombok vaut-elle le détour ?
Les îles Gili (du nord) : Lombok, version touristique

Avec près de 14 ans d’écart entre mes deux séjours à Gili Trawangan, je dois avouer que je n’étais pas particulièrement enthousiaste à l’idée d’y retourner. Mes souvenirs des collines de corail mort de 2012 étaient encore bien clairs. Cependant, j’étais encore une jeune plongeuse, et c’est d’ailleurs là que j’ai effectué ma 100e plongée. C’était vers la fin de mon premier voyage en Indonésie, qui comprenait Bali et Komodo, et un peu d’ambiance de fête entre backpackers sur une plage de sable blanc sous les cocotiers n’était pas pour me déplaire.
Gili Trawangan (souvent appelée Gili T pour simplifier), Gili Meno et Gili Air figurent souvent dans l’itinéraire des voyageurs découvrant Bali pour la première fois, en raison de leur ambiance paradisiaque. Aujourd’hui, Gili T est à l’Indonésie ce que Koh Tao est à la Thaïlande : une île dédiée à la formation à la plongée sous-marine. Je ne compte plus le nombre d’amis instructeurs qui ont obtenu leur IDC à Gili T. Et grâce aux grandes profondeurs accessibles en seulement 10 minutes de bateau, l’île est également devenue un haut lieu de la plongée tech.
En posant le pied sur le tout nouveau quai du ferry, j’ai été un peu sous le choc en voyant ce qu’était devenue la rue principale. En un clin d’œil, j’ai eu l’impression d’avoir été téléportée à Playa del Carmen, au Mexique; je ne voyais pratiquement que des taquerias et des pizzerias, et presque plus aucun warung indonésien. Et donc, je me suis retrouvée à me demander : « Pourquoi suis-je revenue ici ? » Le fait de séjourner à l’intérieur des terres, à l’hôtel Nirvana, loin de l’agitation de la rue principale, m’a aidée. Mais même si je ne pouvais pas être plus éloignée de la culture indonésienne pendant mon séjour à Gili T, mon opinion sur les sites de plongée s’est plutôt améliorée.


Il va sans dire que des eaux turquoise et cristallines, ainsi qu’une abondance de tortues, feront le bonheur de tout plongeur débutant. Avec les centres de plongée qui s’alignent le long de la rue en bord de mer, ici la plongée s’offre dans ce qu’elle a de plus simple. Il faut avouer, c’est un endroit fantastique pour accumuler autant de plongées que possible tout en perfectionnant ses aptitudes sous-marines. La dernière fois, j’ai vu en effet de nombreuses tortues, ce qui est toujours plaisant quand on aime l’océan, surtout quand plusieurs d’entre elles rejoignent votre palanquée. Mais je me souviens aussi des paysages sous-marins lunaires.
Et voici le véritable problème de Lombok pour les plongeurs : le recours massif aux méthodes de pêche les plus destructrices qui soient : la pêche à l’explosif, la pêche à la dynamite, la pêche au cyanure, etc. Lombok n’est peut-être pas l’île la plus pauvre d’Indonésie (la Papouasie l’est), mais elle est loin d’être la plus riche. Ajoutez à cela l’augmentation exponentielle de la pêche au requin et à la raie manta comme moyens de subsistance, et vous obtenez la recette d’une catastrophe pour les écosystèmes marins.
Lors de mon dernier voyage, j’ai toutefois retrouvé un peu d’espoir. Je me suis cette fois rendue sur des sites de plongée plus profonds, atteignant souvent les limites de la NDL de mon ordinateur de plongée. À Shark Point et Simon’s Reef, à 25 m de profondeur, j’ai trouvé des requins et des coraux en bonne santé. Apparemment, la faune marine s’est repliée un peu plus en profondeur pour échapper aux menaces. Soit dit en passant, cela constitue un argument de poids pour vendre des cours d’initiation à la plongée tech. J’étais donc en réalité ravie de retourner à Gili T. Je ne me souvenais pas que Simon’s Reef était proposé en 2012, et Shark Point est un récif artificiel abritant l’épave du Glenn Nusa, sabordé en 2016.



Cependant, au-dessus de la profondeur maximale autorisée pour les plongeurs Open Water (18 m), on se retrouve face à la réalité d’une île-école de plongée. Les sites de plongée sont bondés, et la plupart des gens tentent de maîtriser leur flottabilité. C’est ce que j’ai réalisé en plongeant à Halik’s Reef, qui promettait de belles photos macro, mais quand on se retrouve avec seulement des clichés de poissons-clowns et de gobies de feu, on se sent un peu floué (bon, d’accord, on a aussi vu deux bébés requins à pointes blanches, et c’était cool). Je crois qu’à un moment donné, j’avais littéralement entre 40 et 50 plongeurs autour de moi. Donc, si vous êtes un plongeur expérimenté, assurez-vous de demander où les centres vont plonger. Heureusement, c’est comme ça que la plupart d’entre eux fonctionnent, avec un planning affiché indiquant où ils iront le lendemain. Alors, n’achetez pas de forfait de plongées : inscrivez-vous dès que vous voyez Shark Point et Simon’s Reef.



Suite à ces relativement belles plongées, j’ai décidé de prolonger ma « redécouverte » des Gilis en me rendant sur l’une des deux autres îles que je n’avais pas encore visitées. J’ai choisi la voisine immédiate de Gili Trawangan. Chaque fois que je mentionnais que j’allais à Gili Meno, tout le monde me disait : « Oh, tu vas sur l’île pour les lunes de miel ! » J’étais avec une amie, et cela nous faisait rire à chaque fois. En effet, Gili Meno est extrêmement calme. Tellement calme que certains employés des resorts font la navette jusqu’à Gili T pour faire la fête, à moins de 10 minutes en bateau. Sur la côte est de Gili Meno se trouve le village principal de l’île. Étonnamment, côté port, on dirait une ville fantôme avec de nombreux bâtiments abandonnés. Je suppose que cela est partiellement lié au tremblement de terre qui a durement frappé les Gilis en 2018.
C’est vrai, on vient à Gili Meno pour se détendre. J’ai séjourné au Divine Divers Resort, un établissement sans prétention, mais propre, charmant et confortable. L’équipe de plongée est adorable et très professionnelle, et la cuisine est excellente au Bubbles, leur café de plage super cosy. J’ai vite compris que c’était là que j’allais passer mes journées quand je ne serais pas dans l’eau. Cela ne s’est pas avéré un problème, avec quelques balades autour de l’île, vers son lac d’eau douce ou son village paisible.


J’y ai effectué deux autres plongées, l’une au large de Gili Air, à Han’s Reef, et l’autre de retour à Gili Meno, à Turtle City. J’espérais échapper à la foule, mais la même chose que sur Halik Reef s’est produite. Ce n’est pas vraiment une surprise, on peut séjourner sur n’importe quelle île des Gili et partir plonger sur n’importe quel site autour des trois îles. Mais pour être honnête, à Turtle City, j’ai atteint les limites de ma patience.
C’est un site de plongée magnifique, avec des collines de corail en pleine santé, mais au-dessus de 20 m, voir des écoles de plongée emmener des armées de débutants qui ne savaient absolument pas se servir de leurs palmes m’a vraiment contrariée. Tous les guides de plongée n’ont d’ailleurs visiblement pas reçu le mémo qu’il faut veiller à ce que leur groupe n’en croise pas un autre. J’ai vu tellement de gens qui n’avaient littéralement aucune idée de qui ils étaient censés suivre que j’avoue avoir levé les yeux au ciel à plusieurs reprises sous mon masque.



Mais en descendant plus en profondeur, vers 25-30 m, c’était de nouveau calme et agréable. Je dois dire que j’y ai peut-être pris mes plus belles photos grand-angle de toutes mes plongées à Lombok. Et les tortues étaient de nouveau au rendez-vous pour mon plus grand plaisir. À Han’s Reef, j’ai aussi enfin trouvé de jolis sujets macro : un bébé poisson-grenouille jaune, un mérou à bosse juvénile et un nudibranche « mosaïque » halgerda.
Les îles Gili du Sud: Plus si secrètes, mais de vraies pépites

Quand je pars de Bali pour Lombok, j’aime bien prendre le ferry dit « lent », car je peux embarquer mon scooter depuis Amed pour environ 10 €. Certes, la traversée dure entre 5 et 6 heures, mais si vous avez la chance de monter à bord des nouveaux ferries, c’est vraiment pas si mal. Le ferry accoste à Lembar, à 30 km au sud de Mataram, la capitale de Lombok, et constitue la porte d’entrée directe vers la péninsule de Sekotong, qui est rapidement devenue mon endroit préféré de l’île.
Les six petites îles au large de ses côtes, longtemps surnomées les Gilis secrètes, offrent d’excellents sites de plongée macro au calme, et dans les collines, on trouve la route avec la plus belle vue que j’aie jamais empruntée en Indonésie. L’ambiance est radicalement différente de celle des « Gilis du Nord » ; partout où notre palanquée a plongé, nous étions les seuls. Je n’ai passé qu’une nuit et une journée à Gili Gede, la plus grande et la plus accessible des Gilis du Sud. Mais c’est peut-être pour cela qu’elle reste l’endroit que j’ai le plus aimé à Lombok, car je suis partie en me disant : « Il faut que je revienne et que je reste plus longtemps. »


Pour rejoindre Gili Gede, il faut se rendre en voiture jusqu’au petit port de Tembowong. Là, au milieu des paniers en bambou remplis de maquereaux fraîchement pêchés, vous attendez que votre hôte vienne vous chercher à bord d’un petit canot. La traversée ne prend pas plus de 5 minutes et ne coûte pas plus de 50 000 IDR (environ 2,50 €) si vous séjournez à la pointe sud. Mais attention à vos tongs si c’est marée basse ! Les chambres de cette maison d’hôtes familiale étaient simples, équipées uniquement d’un ventilateur et sans eau chaude, mais elles étaient confortables et propres. Avec quelques tables au bord de l’eau dans leur warung, en dégustant une cuisine indonésienne préparée avec amour et, en dessert, un ananas fraîchement coupé, tous ces petits désagréments ont vite été oubliés. Je ne saurais trop recommander le Pelangi Bungalow ; cette famille compte parmi les hôtes les plus charmants que j’ai rencontrés en Indonésie.
Le lendemain matin, après avoir siroté un café en admirant le lever du soleil, le centre de plongée, situé juste de l’autre côté de la pointe sud de l’île, est venu nous chercher, mes binômes de plongée et moi, ce qui rendait la plongée aussi simple que dans les îles Gilis du nord (à noter que nous avions tous notre propre équipement de plongée). Nous sommes donc partis pour deux plongées matinales, à quatre plongeurs, dont notre divemaster, pour explorer d’abord un site au large de Gili Layar, puis au large de Gili Rengit.



Avant de plonger là-bas, j’avais entendu dire que ces sites étaient parfaits pour observer la faune macro, alors je m’étais assurée d’emporter ma lentille macro. Cependant, j’ai d’abord été assez déconcertée par la topographie sous-marine et les courants. Les deux sites présentaient des plateaux sablonneux recouverts d’un tapis de coraux mous rouges et orange, ou densément peuplés de longs et épais coraux fouets blancs, qui semblaient vouloir atteindre la surface. Entre les deux, un canyon plus profond et dépourvu de végétation où des bancs de platax et de requins à pointes blanches nageaient comme s’il n’y avait pas de courant, et bon sang, le courant s’accélérait à chaque fois que nous atteignions notre point le plus profond. De retour sur le plateau, à seulement 15 m de profondeur, la chasse au trésor commence. En seulement 2 plongées, j’ai obtenu une belle collection de photos de nudibranches : un Chromodoris réticulé, un Chromodoris jumeau, un « lapin de mer », et ma trouvaille préférée, un Doris trilobé !
La baie de Belongas & Magnet : réservé aux plus téméraires

Quand on commence à se renseigner sur la plongée à Lombok, on tombe ici et là sur un nom dans les forums de plongée, ou on en entend parler d’un ami : Magnet. C’est le site de plongée « secret » que les plongeurs expérimentés se transmettent avec prudence. La possibilité d’apercevoir des requins-marteaux sur un site relativement accessible (sur le plan logistique, par rapport à la mer de Banda ou aux Galapagos) est indéniablement séduisante. Cependant, parmi les plongeurs que je connais qui s’y sont rendus avant moi, pas un seul n’a aperçu l’ombre de la tête si caractéristique de ces impressionnants requins. Je m’y suis donc rendue sans prier les dieux de l’océan, et je vous recommande de modérer vos attentes en conséquence. Je n’ai pas vu un seul requin-marteau non plus.
Cependant, c’est autre chose qui m’a attiré : les conditions de plongée. D’énormes vagues déferlantes en surface, des courants dans toutes les directions possibles, des profondeurs maximales et des temps de plongée à la limite de la plongée récréative, des mises à l’eau négatives, le Magnet et les sites de plongée de la baie de Belongas vont vous secouer comme il faut. Si vous pensez avoir suffisamment d’expérience, voici un bon test. Mais cela ne s’arrête pas là. Pour garantir la sécurité, le briefing de plongée est exhaustif. Pensez-vous pouvoir rester concentré pendant 30 minutes sur ce qu’il faut faire et ne pas faire ?


Ce jour-là, j’ai clairement remarqué à bord du bateau que certains plongeurs avaient les yeux écarquillés, visiblement submergés par le flot d’informations. Cela dit, je dirais que les conditions étaient un peu plus faciles que lors de mes plongées aux Galapagos, par exemple, ce qui fait de la baie de Belongas un terrain d’entraînement fantastique si vous êtes déjà à l’aise avec des plongées dérivantes soutenues et que vous maîtrisez parfaitement votre flottabilité. Les opérateurs de plongée n’acceptent pas les plongeurs ayant moins de 100 plongées. C’est honnêtement une pratique courante dans ces conditions.
Il s’agissait d’un jour de transition, lors d’un trajet en voiture de Kuta vers les îles Gili du Sud. J’ai participé à une sortie de trois plongées, embarquant à bord du bateau de plongée depuis les rives du village de Buwun Mas. Notez qu’il y a peu d’options d’hébergement dans le coin ; c’est pourquoi cette excursion s’intègre bien à un road trip autour de Lombok si vous louez une voiture. Quelques options ont commencé à apparaître sur la rive opposée de la baie, mais je n’en avais pas connaissance avant mon voyage.
La première plongée près de l’îlot rocheux de Gili Serang s’est avérée un peu plus facile, nous donnant un avant-goût de la plongée dans la baie de Belongas. La descente s’est déroulée sans difficulté, mais une fois arrivés sur le récif constitué d’énormes rochers recouverts de coraux mous orange et roses peu développés, nous avons dû synchroniser avec soin nos mouvements de palmes avec les courants de ressac.



Mais ce que cette première plongée m’a tout de suite fait comprendre, à propos de la baie de Belongas, c’est la taille impressionnante de certaines espèces marines courantes. Sur ce site de plongée précis, j’y ai vu la plus grande murène verte et le plus grand requin à pointes blanches de ma carrière de plongeuse. À tel point que je ne savais même pas que ces espèces pouvaient atteindre une telle taille. Mais bon sang, pour prendre cette photo du requin, j’ai dû composer avec les courants qui circulaient entre les rochers, sortir, faire demi-tour et me repositionner plusieurs fois.
La deuxième plongée s’est finalement déroulée au Magnet. Les conditions en surface étaient, comme tout le monde l’avait dit, chaotiques. Le bateau tanguait comme un fou (faites le plein de comprimés contre le mal de mer, sérieusement). Certaines vagues étaient si grosses qu’elles engloutissaient l’antenne blanche installée sur la partie émergée du rocher géant sous la surface. « Stab parfaitement vide, 1, 2, 3, entrée négative ! » et une longue expiration alors que nous percions la surface après une bascule arrière.
Sous l’eau, le plan consistait à se mettre à l’abri des courants devant l’entrée de la caverne géante, cachée dans l’imposant rocher du Magnet, et à attendre entre 25 et 30 m de profondeur, avec notre guide de plongée légèrement en dessous de nous pour faire du repérage. Donc, si vous ne voyez pas de requins-marteaux, il ne se passera pas grand-chose lors de cette plongée, à part le rocher et une mise à l’eau un peu sportive. J’ai tout de même adoré voir un autre énorme requin à pointes blanches entrer dans la caverne. Il se trouvait probablement à 55-60 m de profondeur ; c’était tentant, mais j’ai résisté à l’envie de descendre un peu plus bas pour prendre une photo. Car tout le briefing de plongée est axé sur le maintien parfait de votre profondeur afin que le plan de temps de non-décompression fonctionne et nous donne autant de temps au fond que possible pour d’éventuelles observations. Vous ne verrez peut-être rien non plus, mais je vous promets que c’est un beau défi pour tout plongeur expérimenté.
Pour la dernière plongée, nous nous sommes rendus à Cathédrale, de l’autre côté de la baie, où les conditions de visibilité étaient très différentes ce jour-là. On aurait dit une plongée de nuit en plein jour. Je n’ai donc pas vu grand-chose, malgré les bancs de carangues, une tortue qui se laissait porter par le courant et mon pire cauchemar en mer : les serpents de mer olive.
De Kuta au détroit d’Alas : Seuls en plein océan

Soyons honnêtes : Kuta, ou plutôt Kuta Lombok, pour la distinguer de son homologue populaire à Bali, a été la partie de Lombok que j’ai le moins appréciée. Mais il faut reconnaître que c’est un excellent point de départ pour explorer la côte sud de Lombok, qui regorge de plages de sable blanc parmi les plus belles que j’aie vues en Indonésie. La plage de Mawun, par exemple, se trouve à seulement 15 minutes de route à l’est de Kuta et m’a coupé le souffle, surtout lorsque j’ai gravi la colline qui la surplombe et découvert un point de vue époustouflant avec le mont Rinjani en arrière-plan.
On ne peut pas en dire autant de Kuta : que ce soit sa plage, ses rues ou son circuit de moto, situé presque au bord de la mer (ce qui n’est pas vraiment propice à la détente). Cela dit, pour explorer la côte sud, voire aller jusqu’à la baie de Belongas ou la péninsule d’Ekas et ses plages roses, c’est une bonne option. De plus, vous trouverez de nombreux petits restaurants savoureux parmi les warungs traditionnels. Je dois avouer que cela inclut mon restaurant chinois de dim sum préféré (Jiang Nan), mon restaurant japonais de ramen (Umibozu) et mon café préféré (So.Nak), en Indonésie.


Kuta s’est d’abord développée en tant que destination touristique, car ses plages voisines sont d’excellents spots de surf. Mais qui surf dit en général incompatibilité avec la plongée sous-marine. Au départ, je pensais que les plongeurs venaient à Kuta pour plonger sur Magnet, mais ce n’est pas du tout le cas. Les vagues y sont trop fortes pour mettre à l’eau un bateau de plongée a priori. Ce qui se passe en réalité, c’est que, Kuta étant un centre touristique, on vient chercher les plongeurs à 8 h du matin et on roule 1 h 30 vers l’est jusqu’au port de Tanjung Luar, sur la côte est de la péninsule d’Ekas.
De là, les plongeurs montent à bord de leurs bateaux et font encore 30 à 45 minutes de trajet en mer pour rejoindre les célèbres plages roses de l’est de Lombok, dans le détroit d’Alas, face à la côte ouest de Sumbawa. Il faut dire que c’est tout un périple pour aller plonger. La récompense ? Seul au monde dans l’océan. Et c’est particulièrement vrai si vous êtes un plongeur confirmé. Vu le fonctionnement de Kuta et le type de clientèle qu’elle attire, à savoir de jeunes backpackers, les centres de plongée de la région font de nombreux cours d’Open Water. Du coup, le jour où je suis allée plonger en pleine haute saison, j’étais la seule à ne pas suivre de cours. Pour le prix d’une plongée classique, j’ai eu droit à une plongée avec un guide privé le long des tombants vertigineux de Tanjung Ringgit, qui plongent jusqu’à 120 m de fond.
Ma première plongée était une plongée profonde dans une caverne appelée Game Changer, à -32 m. C’était plutôt sympa, avec ses arches à traverser et tous ces petits coraux mous, ces éponges et ces comatules de toutes les couleurs qui la décoraient, mais à part des bancs de poissons soldats et une belle murène, je n’ai rien vu de spécial. Mais j’avais vraiment l’impression de plonger en plein océan (Indien pour le coup), et il n’y avait que mon guide et moi. Et ça, ça n’a pas de prix.



La deuxième plongée s’est déroulée un peu de la même manière, plus près des plages roses. Un récif corallien en pente parsemé de grandes gorgones roses, mais là encore, à part un gros poisson-grenouille noir et des anémones de mer de belle taille, il y avait toujours très peu de poissons. Je pense que la surpêche à Lombok joue clairement un rôle. Car d’une manière générale, j’ai rarement vu aussi peu de poissons dans l’eau lors de toutes mes plongées en Indonésie. Cela dit, vous ne devinerez jamais ce qui s’est passé quand je suis retournée au bateau pour la dernière fois. Le groupe de plongeurs débutants qui avait terminé la plongée bien avant moi a aperçu… une baleine à bosse et son baleineau lors de leur palier de sécurité ! Vraiment, j’ai vu les images sur l’appareil photo de quelqu’un. Eh bien, pour une fois, je me suis dit : « Mais pourquoi je ne consomme pas mon air comme tout le monde ! »
Alors, faut-il aller plonger à Lombok ?

J’ai compris que Lombok me semblait bien plus attrayante dès que j’ai cessé de la comparer aux destinations de plongée les plus prisées d’Indonésie. Si votre objectif est de découvrir les récifs les plus spectaculaires du pays, les écosystèmes coralliens les plus sains ou d’avoir les meilleures chances d’apercevoir des espèces pélagiques, il existe objectivement de meilleures options ailleurs dans l’archipel. Des années de pêche à la dynamite et des efforts limités en matière de protection marine ont clairement laissé des traces le long des côtes de Lombok.
Pourtant, cette « île du piment » offre quelque chose qui se fait de plus en plus rare dans les hauts lieux de la plongée les plus connus d’Indonésie : une immersion plus lente et plus authentique dans la vie locale, sans nécessiter de moyens logistiques ni de budgets exorbitants. En dehors des îles Gili, le tourisme reste relativement discret, les interactions avec les habitants sont souvent plus sincères, et tant sous l’eau qu’à terre, il est facile de s’éloigner de la foule.


Ce contraste m’est apparu particulièrement clairement dans des endroits comme Ekas et Tetebatu, où le rythme de la vie quotidienne a rapidement pris le pas sur le voyage lui-même. Mes premières conversations complètes en indonésien, les routes tranquilles longeant d’interminables champs de tabac verdoyants, les promenades à travers les rizières en terrasses, la sélection des meilleures gousses de vanille à ramener chez moi, ou encore l’observation des hommes jouant aux dominos du matin au soir lorsqu’ils ne réparaient pas leurs filets de pêche ou ne labouraient pas leurs champs, sont progressivement devenues tout aussi mémorables que les plongées elles-mêmes. À bien des égards, Lombok ressemble moins à une destination de plongée incontournable qu’à un lieu pour les voyageurs en quête de lenteur qui souhaitent combiner la plongée avec une expérience plus large de l’Indonésie elle-même. Si vous êtes déjà à Bali et que vous avez le temps, allez-y !
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