10 ans de WAD : le début d’une nouvelle vie au Panama

10 ans. En fonction de comment on voit les choses, cela peut sembler beaucoup ou peu. J’ai l’impression de passer pour un dinosaure en disant que j’ai lancé mon blog de plongée il y a 10 ans. Pourtant, si je pense à tout ce qui s’est passé depuis, qu’est-ce 10 ans quand on arrive à changer le cours de sa vie ? Si quelqu’un m’avait dit cette nuit en plein décalage horaire à Singapour, en train de créer mon site web, où je serais et ce que je ferais après une décennie, aucune chance que je l’aurais cru.

Quelque part, la grande pause de la pandémie m’aura aidé à construire des fondations plus solides pour une vie dont j’osais à peine rêver. Qu’est-ce que 2 années supplémentaires pour passer en 10 ans de salariée-esclave à nomade de la plongée ? Les choses bougent quand on commence à reconnaître les opportunités et qu’on apprend à les saisir. C’est la raison pour laquelle je me retrouve à finalement démarrer ma vie nomade au Panama, un pays dont je ne connaissais pratiquement rien, avec une activité en marketing digital désormais florissante et mon sac de plongée toujours prêt.

Comment j’ai sauté dans un avion pour le Panama en moins d’un mois

oiseau organiste à bec épais - Canal du Panama

Retour en novembre 2021 : je gagne un billet d’avion pour n’importe quelle destination dans le monde dans le cadre d’un concours organisé par l’application de vidéos de voyage NaviSavi. Top, n’est-ce pas ? Et où pensez-vous qu’une plongeuse passionnée rêve d’aller avec un tel billet en poche ? La plupart d’entre vous ont vu juste lorsque j’ai posé la question dans mes stories Instagram : les îles Galapagos ! Et devinez quoi… Le moyen le plus rapide de se rendre de France en Équateur (et de la plupart des endroits en Europe) est de prendre un vol via le Panama.

Puis les planètes se sont alignées. Deux semaines plus tard, j’ai reçu une newsletter de l’ATTA (Adventure Travel Trade Association). Elle annonçait qu’ils étaient sur le point de reprendre leurs conférences en personne en commençant par le Panama au début de 2022. J’ai postulé du mieux que j’ai pu, mais je savais que la concurrence serait rude. Le matin de la veille de Noël, j’ai reçu la notification que je faisais partie des 6 médias invités parmi plus d’une centaine de candidatures. Mon « WooHoo ! » s’est rapidement transformé en « Oh-oh… »

Après les vacances de noël en famille, mon retour à Paris était le 5 janvier. La conférence au Panama avait lieu le 4 février. Il me restait moins d’un mois pour finir de rénover mon appartement à Paris, trouver un locataire et préparer ma vie pour une aventure de 7 mois en Amérique latine, notamment au Panama et en Équateur, sans trop d’allers-retours en avion. Tout cela en enregistrant un mois record pour mon activité de freelance ? OK, défi relevé !

Faire ses bagages pour une aventure de 7 mois en Amérique Latine

Plaza de Francia - Casco Antigo - Panama City

Tout d’abord, certains d’entre vous se demandent peut-être « Pourquoi 7 mois et pas un an ? ». J’avais le sentiment que 2022 était enfin l’année où nous pourrions reprendre les voyages internationaux. D’ailleurs, l’Amérique latine pourrait être la meilleure région pour le faire, car la plupart des pays acceptent les voyageurs vaccinés sans quarantaine ni tests. Mais j’ai observé attentivement ce qui s’est passé en 2020 et 2021. Il m’a semblé plus raisonnable de rentrer en Europe en septembre, avant l’hiver, pour le moment.

Suite à mon congé sabbatique de 2018-2019, je n’étais plus une novice en matière de voyages à long terme. Je savais que je devais commencer par faire mes bagages avec mon équipement de plongée pour les conditions les plus froides. Les îles Galápagos sont malheureusement réputées pour leurs eaux parfois houleuses et fraîches. De toute évidence, bien que plus lourde, j’avais besoin d’une combinaison 7 mm avec ma cagoule, mes bottillons et mes gants. Puis j’ai emballé mon matériel de plongée de voyage : ma stab Rogue, mon détendeur Mikron, mon masque Plazma et mes palmes Storm.

J’ai eu à gérer un problème d’adaptateur DIN de dernière minute. Heureusement, je me suis rendu compte avant de partir que mon modèle léger en aluminium était coincé à cause d’un phénomène d’électrolyse. J’ai couru au magasin de plongée le plus proche à Paris et j’ai acheté un modèle en laiton, plus lourd mais plus sûr.

J’ai rempli mes packing cubes de vêtements principalement pour les tropiques, mais j’ai tout de même pris un sweat à capuche, un t-shirt à manches longues Heattech, une doudoune légère sans manches, un coupe-vent et une paire de jeans supplémentaire (en plus de celle que je porte en avion). Le temps sera bien plus frais dans les Andes, notamment à Quito, en Équateur, à 2850 m d’altitude. En comptant le nombre de t-shirts, j’ai réussi à maintenir mon sac de plongée 120 L en dessous de 23 kg et à éviter les frais délirant d’excédents de bagages.

Mon plus gros problème maintenant est le poids de tous mes appareils photos et accessoires de photographie sous-marine. Depuis que j’ai ajouté mon Canon EOS M50 pour la photographie terrestre avec son propre petit sac à dos de randonnée, j’ai rendu ma vie un tantinet plus compliquée. Heureusement, pour continuer à travailler en déplacement, je n’ai pas besoin de plus que mon ordinateur portable Asus Zenbook, un disque dur externe et mon casque à réduction de bruit (je ne sais pas comment j’ai pu vivre sans avant).

Il y a une dernière astuce que je n’avais pas encore utilisée : l’accessoire cabine. La plupart des compagnies aériennes internationales vous accordent une franchise pour les bagages en cabine en plus de vos bagages en soute, mais elles vous donnent également la possibilité d’emporter un accessoire en cabine. Il peut s’agir d’un sac à main ou d’une sacoche pour ordinateur portable. Dans mon cas, ce sera mon petit sac à dos photo ! Après 4 ans de semi-retraite, mon sac à dos antivol de 25 litres est revenu pour transporter mon matériel de photo sous-marine et mon ordinateur portable en cabine. Il dépassait peut-être un peu les 12 kg autorisés…

Un aperçu de mes deux premières semaines au Panama

bateau loncha - Parc National de Coiba - Panama

Si je devais résumer en trois mots mon expérience du Panama jusqu’à présent, ce serait Joie, Surprise et Aventure. Je ne pouvais pas rêver meilleur cadeau pour cet anniversaire marquant.

Joie

Pouvoir voyager en dehors de l’UE une véritable libération après ces 2 ans de restrictions. En effet, comme de nombreux pays d’Amérique latine, le Panama autorise les voyageurs vaccinés à entrer dans le pays sans aucune quarantaine ni test. Au Panama, nous devons toujours porter un masque de protection à l’intérieur et à l’extérieur. Parfois, avec des températures dépassant largement les 30°C, c’est dur. Toutefois, je préfère encore échanger le froid de l’hiver en Europe avec ce léger désagrément.

Le temps chaud n’est pas la seule chose qui m’a accueilli. Bien que le fait de parler espagnol me facilite évidemment la vie ici, l’amabilité et l’empressement à socialiser de chaque Panaméen m’ont redonné le sourire. Tout le monde est ravi d’apprendre que je vais rester dans le pays pendant trois mois et veut m’aider à écrire de meilleurs articles sur leur pays. Chaque jour, je reçois un cours accéléré sur le Panama avec un nouveau professeur. Il y a tellement plus à voir que le canal au Panama. Cependant, il est essentiel d’apprendre l’histoire de sa construction, car il a littéralement façonné le pays au fil de siècles d’explorations, de négociations et de revers.

Surprise

Suite à la conférence AdventureNEXT et son voyage d’introduction de 4 jours au Panama avec l’île de Coiba et la péninsule d’Azuero, j’ai décidé de m’installer pour un mois à Panama City. J’ai besoin de temps pour travailler un peu et planifier le reste de mon voyage. Chaque jour, j’ajoute des épingles « à visiter » sur GoogleMaps : Je commence à me demander si 3 mois suffiront pour écrire des guides complets sur la façon d’explorer le Panama en tant que plongeur. Après Panama City, où il y a déjà tant à faire, je prévois de me rendre à Santa Catalina pour retourner plonger dans le parc national de Coiba côté Pacifique. Je me dirigerai ensuite vers Bocas del Toro sur la côte Caraïbe, près de l’autre parc national marin du Panama, l’île Bastimentos. Je ne manquerai pas non plus de me rendre à Boquete et Volcan pour visiter les meilleures plantations de café sur les hauteurs de l’intérieur du pays.

Au-delà de la surprise du nombre de lieux passionnants à visiter, j’ai eu le plaisir de découvrir que les Panaméens prennent leur cuisine au sérieux. De la scène culinaire raffinée et inventive du Casco Antigo à Panama City, aux spécialités maison faites avec amour et avec des produits locaux, tous mes repas ont été un moment dont je me réjouissais d’avance. La nourriture au Panama est principalement influencée par la Colombie, le Venezuela et le Pérou. Mais de façon plus surprenante, l’influence de la cuisine espagnole est plus présente que dans n’importe quel autre pays que j’ai visité en Amérique latine, y compris de nombreuses recettes d’arroz (riz). Fait marquant : les gens ne mangent pas vraiment de piments ou de sauce pimentée ici.

Mes plats préférés du moment ? Le ceviche de corvina (salade de bar cru mariné), la langouste cuite au lait de coco, les pastelitos de maïs, les arepas con queso (crêpes de maïs au fromage), les hojaldras (pâte feuilletée frite) avec des œufs brouillés, les patacones (beignets de banane plantain), les frites de yuca et le jus de maracuya (fruit de la passion). J’ai aussi adoré le fait que chaque restaurant où je vais propose des options végétariennes/végétaliennes qui sont basées sur les mêmes spécialités, et pas seulement une salade. Pas d’inquiétude, je travaille déjà sur la liste des meilleurs restaurants de Panama City.

Et la cerise sur le jus de maracuya ? Imaginez faire un relooking d’1h30 lors de votre première semaine au Panama pour revêtir la robe nationale, la Pollera… Cela m’est arrivé lors d’une journée remplie d’activités culturelles à la Finca Pamel dans la péninsule d’Azuero ! J’avais peur de mourrir de chaud avec tant de superpositions de tissu, mais le lin rend la robe étonnamment légère à porter malgré les 10 000 dollars d’or qui la recouvrent (oui, vous avez bien lu). Après avoir dansé au son de la musique du carnaval de Panama et avoir participé à une séance de photos digne d’un mariage, j’ai demandé si j’étais prête pour la citoyenneté !

Aventure

Tout cela ne suffirait pas à en faire une destination de choix pour plongeurs globe-trotters sans une dose concentrée d’aventures à travers le pays. Sans avoir à demander, le Panama a répondu présent grâce à l’organisation époustouflante de Balaena Travel et Pacific Adventures.

Nous avons plongé avec des requins et des tortues, randonné en pleine forêt tropicale avec des singes, fait du kayak sur près de 10 km jusqu’à des îlots paradisiaques isolés et dormi sous un magnifique ciel étoilé en mode camping de luxe, le tout dans le parc national de Coiba. Ce furent les deux jours d’aventures les plus intenses que j’aie jamais vécus, mais j’ai savouré chaque seconde, même si nous nous levions très tôt.

Plus tard, au Gamboa Resort, où se tenait la conférence AdventureNEXT, je suis allée observer les oiseaux au-dessus de la canopée en prenant un téléphérique, puis j’ai observé des paresseux et des grenouilles tropicales dans un sanctuaire du parc national de Soberania. Après ma première semaine de vie et de travail à Panama City, j’ai pu faire de la plongée avec des raies aigles léopards à seulement 30 minutes de bateau sur l’île de Taboguilla. J’ai le sentiment que ce n’est que le début…

Et à propos de la plongée au Panama ?

plongée sous marine Coiba Panama

Au cours de ces premières semaines au Panama, j’ai eu l’occasion de faire de la plongée sous-marine à deux endroits . J’ai pu plonger au parc national de Coiba, une ancienne colonie pénitentiaire transformée en réserve naturelle, avec Expedicion Coiba. Et le week-end dernier, j’ai découvert l’île de Taboguilla, dans la baie de Panama City, en face de l’entrée Pacifique du canal de Panama, avec Scuba Panama. Dans les deux cas, je n’ai pas été à plus de 13 m de profondeur pour le moment.

À Coiba, j’ai vu des requins à pointe blanche, des raies mobula et des tortues. Sur l’île de Taboguilla, bien qu’il ne s’agisse pas d’une zone protégée à proximité de la ville, j’ai pu voir des raies aigles léopards, une raie pastenague et une raie torpille. Au-delà de ces rencontres agréables, je peux attester que les conditions de plongée dans l’océan Pacifique sont parfois compliquées. J’ai rencontré une thermocline très nette à seulement 6 m de profondeur, j’ai vu la visibilité baisser ou augmenter en un clin d’œil, et les courants m’ont fait faire une séance de fitness complète car il fallait souvent palmer énergiquement. Bien qu’il y ait des sites de plongée pour les débutants, les plus intéressants semblent être plutôt pour les plongeurs expérimentés jusqu’à présent.

Je suis également encore en train d’ajuster les réglages de mon appareil photo pour la photographie sous-marine. La quantité de plancton dans l’eau, combinée à un rayonnement solaire très fort, diffuse une lumière éblouissante dans l’eau, ce qui complique l’obtention de beaux clichés. Mais j’y travaille. J’ai hâte de retourner au parc national de Coiba dans 3 semaines avec les quelques connaissances que j’ai pu acquérir au cours de ces 4 plongées.

Il y a ensuite le mystère de Bocas del Toro. C’est l’un des lieux de vacances à la mer les plus populaires du Panama, près de la frontière du Costa Rica. Tout le monde me demande si j’ai l’intention d’y aller, car c’est un incontournable. Mais qu’en est-il de la plongée sous-marine ? Je ne cesse de lire des avis mitigés à ce sujet. Mais je ne peux pas croire qu’il n’y ait rien à voir sous l’eau dans le deuxième plus grand parc marin du pays. Je vais bien sûr tester, en creusant au-delà des apparences, pour découvrir ce qu’il en est. Tout ce que je peux dire, c’est « Panama, continue de me surprendre » !

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Posted by Florine

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