Photo sous-marine : mes 5 meilleurs conseils pour les débutants

Un de mes plus grands plaisirs en voyage est de rapporter des souvenirs photographiques de mes plongées. Tous les milieux aquatiques, qu’ils soient proches ou lointains, me passionnent par leur diversité. Lorsque l’on est plongeur, il est naturel de vouloir partager avec ses proches la beauté d’espaces naturels que nous sommes seuls à pouvoir avoir accès. Alors quand toutes ses tentatives se résument par des clichés verts ou flous, je sais à quel point cela peut être frustrant. J’aimerais partager avec vous mes 5 meilleurs conseils pour progresser en photo sous-marine.

 

Photo sous-marine : avertissement à l’intention des néophytes

Cet article ne vise pas à vous transformer en un photographe professionnel mais à améliorer considérablement vos photos. L’idée est que vous soyez enfin fier de présenter les trésors que vous avez trouvés lors de vos aventures sous-marines. Je ne me considère pas comme une professionnelle de la photo mais en tant que blogueuse de voyages de plongée, je m’efforce d’améliorer continuellement mes photos de façon à proposer un contenu de qualité à ce blog. Pour vous guider dans la bonne direction, j’ai demandé à 2 photographes professionnels très talentueux de partager leurs meilleurs conseils pour les débutants : Indah Susanti d’Indonésie et Matt Mead des États-Unis.

Attention, la photographie sous-marine est une activité hautement addictive. Elle peut une dépendance aux améliorations d’équipement et entrainer des trous budgétaires sur votre compte en banque!

 

1 – Investir dans un bon appareil photo compact

canon-g7x

Dès le début, j’ai fait le choix d’un équipement léger. Je voulais pouvoir continuer à voyager comme j’aime. C’est pour cela que je me suis orientée vers les appareils photo compacts experts qui offraient des réglages manuels complets. Avec mon Canon S95 puis mon Canon S110 (un cambriolage a quelque peu forcé le changement de modèle) et leur caisson étanche la même marque, j’ai trouvé le moyen idéal d’obtenir des photos de très bonne qualité tout en combinant légèreté et compacité.  Bien qu’il ressemble un peu à un jouet, j’avais choisi le caisson Canon, non pas parce que c’était l’option la moins chère, mais c’était l’option la plus légère à l’époque car fabriqué en plastique. Sa profonde maximale garantie étant de 40 m était largement suffisante pour les limites de la plongée récréative.

Après 3 ans de service, l’objectif de mon Canon S110 s’est bloqué en mode ouvert et l’appareil s’est mis en défaut refusant de fonctionner. Les réparations hors garantie étant souvent plus chères qu’un nouvel appareil, je l’ai remplacé par un modèle aux performances annoncées supérieures, le Canon G7X. Le Canon G7X Mark II venait juste de sortir, alors j’ai sauté sur l’opportunité d’un package à un prix spécial comprenant l’ancien modèle et un caisson Fantasea garanti jusqu’à 60 m . L’avantage de ce nouveau caisson était surtout de me permettre d’adapter des lentilles dites humides macro et grand angle pour élargir les possibilités de prise de vue sous l’eau.

Bien que je sois ravie des résultats obtenus avec mon Canon G7X, j’ai déjà commencé à chercher mon nouvel appareil photo pour pouvoir réaliser des photos qu’il m’est aujourd’hui impossible de prendre car je suis limitée par les propriétés optiques de cet appareil. Les appareils photo réflex sont toujours trop gros et trop lourd pour moi, alors je regarde du côté des appareils photo hybrides qui sont nettement plus compacts tout en offrant la possibilité de changer d’objectif. Je lorgne actuellement sur le Canon EOS M5.

Cependant, si vous commencez à peine en photo sous-marine et souhaitez quelque chose de moins cher et plus facile à prendre en main, je vous recommande de choisir un appareil photo compact étanche. Sachant qu’habituellement, le caisson étanche d’un appareil photo double son prix, cela représente une économie considérable de ne pas avoir à en acheter un. Ces modèles n’existaient pas lorsque j’ai commencé à prendre des photos sous-marines. Je suis sincèrement impressionnée par la qualité des photos car j’ai eu plusieurs binômes qui utilisaient ces appareils. Si je commençais aujourd’hui, c’est exactement ce que j’achèterais. Les meilleurs modèles sur le marché aujourd’hui sont :

  • Olympus TG-5 étanche jusqu’à 15 m de profondeur, prix neuf à partir de 362€ – ce modèle a clairement la préférence de beaucoup de plongeurs actuellement grâce à de beaux résultats en particulier en mode macro, mais sa profondeur maximale garantie oblige très souvent à l’achat du caisson dont le prix est à partir de 288€.
  • Nikon Coolpix W300 étanche jusqu’à 30 m de profondeur, prix neuf à partir de 379€
  • Panasonic Lumix FT7  étanche jusqu’à 30 m de profondeur, prix neuf à partir de 350€

 

2 – Maîtriser parfaitement sa flottabilité en plongée

Prendre de belles photos sous l’eau commence par une maitrise parfaite de sa flottabilité. Cela peut être frustrant si vous êtes débutant en plongée sous-marine, mais je dirais qu’il faut d’abord travailler sur sa flottabilité avant de toucher à un appareil photo sous l’eau. Personnellement, j’ai eu le déclic lors du passage de mon niveau Advanced Open Water grâce aux exercices de flottabilité à travers des cerceaux. Autre chose à savoir est qu’une fois avec un appareil photo en main, on a une très forte tendance à beaucoup plus consommer d’air, surtout lorsqu’on débute. Honnêtement, laissez-vous au moins 30 à 40 plongées avant de vous lancer en photo sous-marine.

En matière de flottabilité, l’idée consiste à se mettre en position horizontale dans l’eau. Approchez-vous toujours avec précaution des espèces marines en palmant en douceur. Vos bulles peuvent effrayer les poissons alors respirer lentement et doucement. Dans le cas où vous auriez besoin de vous stabiliser, en particulier pour les sujets macro, recherchez toujours soigneusement un morceau de roche, où vous pourrez poser un doigt sans rien abîmer. Veillez bien à ne jamais toucher aux coraux (ni aux autres espèces). La photographie sous-marine permet de montrer la beauté et la fragilité des milieux marins, alors n’en faisons pas une menace supplémentaire.

La plupart des appareils photo offrent un mode autofocus que l’on peut activer de façon sélective en pointant le sujet désiré et en appuyant à mi-course sur le déclencher. Entraînez-vous à vous stabiliser sous l’eau et obtenir des photos nettes en utilisant cette fonction. Vous observerez une belle évolution de vos photos au fur et à mesure que vous prendrez confiance niveau flottabilité.

Attention au temps qui passe. La photographie sous-marine est chronophage. En moins d’une minute, il est très facile de perdre son binôme de plongée. Planifiez votre plongée en conséquence et informez le divemaster que vous prévoyez de prendre des photos. Vérifiez où est votre palanquée toutes les 15 à 30 secondes. Dernier conseil, ne perdez pas de temps à supprimer vos photos sous l’eau, prenez toutes les photos que vous voulez, vous les trierez plus tard.

« Je trouve qu’une bonne flottabilité, un bon éclairage et la compréhension du comportement des espèces marines sont des facteurs importants en photo sous-marine. Une bonne flottabilité est importante pour faciliter nos mouvements afin de prendre des images sous différents angles en toute confiance. Un bon éclairage tel qu’un strobe (flash externe) ou le flash intégré de l’appareil photo (utilisé avec un diffuseur) ramènera toutes les couleurs perdues dans les profondeurs de l’océan. Comprendre et connaître les comportements des espèces marines nous aide à trouver les espèces, où elles se cachent ou comment elles se camouflent. » Indah Susanti, indahs.com

 

3 – S’entrainer à reconnaître de belles compositions en photo sous-marine

La composition est l’art de jouer avec les lignes, les perspectives, la position des sujets, les gros plans ou les grands angles. Chacun a sa propre sensibilité artistique, mais il y a des compositions classiques qui fonctionnent presque toujours et donneront à vos photos ce petit plus qui fait la différence. Les livres et les sites web de grands photographes m’ont beaucoup aidé à trouver des idées et de l’inspiration au début. Je me suis ainsi entraînée à reconnaitre sous l’eau des compositions que j’ai déjà vues. La règle de composition la plus connue reste la règle des tiers. On divise son image avec deux lignes verticales et deux lignes horizontales (la plupart des appareils photos offre ce mode de visualisation) et on utilise les jeux de lignes et de perspectives de façon à les répartir harmonieusement dans le cadre.

Voici 3 compositions classiques d’images sous-marines que j’utilise et que vous pouvez reproduire facilement :

  • Image en diagonale, moitié sujet net au premier plan, moitié arrière-plan flouté : c’est peut-être un classique, mais j’aime l’utiliser, car c’est souvent un excellent moyen de rendre compte de l’ambiance d’une plongée. En mode macro, faites la mise au point sur votre sujet, tracez une ligne diagonale avec le bord du rocher ou du corail et laissez voir ce qui se passe en arrière-plan dans le bleu (ou le vert en fonction de là où vous plongez). Pour rendre cette composition plus vivante, si vous pouvez capturer un contact visuel avec votre sujet, vous obtiendrez une photo incroyable.
  • Silhouette de plongeur : en contrebas par rapport aux autres plongeurs de votre groupe, regardez la surface et faites face au soleil. Bien sûr, cela fonctionne mieux avec une excellente visibilité et par beau temps. La plongée de nuit offre également d’excellentes opportunités pour ce type de photo en jouant avec les éclairages des autres plongeurs.
  • Rencontre plongeur et vie marine : ici, tout est une question d’être réactif et saisir le moment. Que ce soit un plongeur face à quelque chose de grand ou juste son visage regardant quelque chose de petit, cela donne généralement de superbes photos si vous pouvez ressentir à la fois la fascination du plongeur et la curiosité de l’animal. Essayer de cadrer en recherchant des lignes parallèles ou des mouvements ondulés.

 

 

4 – Utiliser le flash intégré de son appareil photo en mode manuel

Same picture same moment auto vs manual mode underwater picture

Même endroit, même crabe, même appareil, mode automatique par rapport au mode manuel (pas de retouche)

Au fur et à mesure que l’on descend, l’eau absorbe de plus en plus de lumière et fait disparaitre les couleurs au fur et à mesure, en particulier le rouge. Le seul moyen d’obtenir de belles couleurs en photo sous-marine est donc de ramener une source de lumière artificielle. Et le plus simple pour commencer est donc d’utiliser le flash interne de votre appareil photo avant d’investir dans une lampe vidéo ou un strobe.

Les premières fois que vous utiliserez votre flash, en particulier lorsque la visibilité est réduite, vous aurez peut-être la mauvaise surprise de voir de nombreuses particules blanches sur vos photos. Pensez bien à utiliser un diffuseur blanc devant votre flash (en général fourni avec le caisson étanche) et à être au plus près de votre sujet. Enfin, en mode automatique, le résultat est souvent surexposé (trop blanc) car la lumière du flash est trop forte. C’est pourquoi vous devez le compenser en utilisant des réglages manuels pour obtenir une image nette avec des couleurs resplendissantes.

« En raison de la réfraction de la lumière dans l’eau, votre sujet apparaîtra 25% plus proche et 25% plus grand que ce qu’il est réellement. Ainsi, lorsque vous pensez être suffisamment proche de votre sujet pour l’éclairer correctement avec votre flash, vous ne l’êtes pas. Donc n’hésitez pas à vous rapprocher. » Matt Mead, mattmeadphotographyllc.com

 

La photo sous-marine reste de la photo. Beaucoup de gens pensent que le mode manuel est réservé aux photographes experts. Mais il suffit de peu connaissances théoriques pour dépasser le stade du mode automatique. Jouez avec ces paramètres en dehors de l’eau pour vous familiariser avec :

  • Ouverture (F) : Ce paramètre contrôle de combien d’obturateur de votre appareil photo va s’ouvrir. Plus ce paramètre est grand, plus votre capteur recevra de la lumière. La profondeur de champ est également affectée : plus l’ouverture est petite, plus l’arrière-plan devient flou. Dans la plupart des cas pour la photographie sous-marine, une ouverture entre F6.0 et F8.0 constitue un bon point de départ.
  • Vitesse d’obturation (en seconde) : C’est votre temps d’exposition ou le temps que l’obturateur met à se fermer. Ce temps est lent, plus vous laisser entrer de lumière. Mais en même temps, plus la vitesse d’obturation est lente, plus si votre sujet bouge la photo devient floue. Donc, pour un sujet en mouvement, un requin par exemple, il est bien sûr préférable d’utiliser une vitesse d’obturation rapide de 1/500 s au minimum. Avec un nudibranche, vous pouvez passer en dessous de 1/100 sans problème.
  • Sensibilité (ISO) : C’est la sensibilité à la lumière du capteur de votre appareil photo. Par exemple, dans l’obscurité, vous aurez besoin d’un ISO supérieur à 1000, alors qu’en plein soleil, 100 suffit. En revanche, c’est le paramètre sur lequel les appareils photo diffèrent le plus. Dans les ISO élevés on a de plus en plus de bruit sur la photo (elle est moins nette) mais certains appareils gèrent de problème mieux que d’autres.

photo parameters

En fonction des conditions de luminosité, de visibilité, et de votre appareil photo, vous devrez certainement jouer avec les réglages pour trouver les meilleurs. Avec l’expérience, vous apprendrez à analyser ceux que vous devez changer en priorité pour améliorer votre photo. Vous pouvez utiliser ceux-ci avec votre flash comme point de départ :

  • Ouverture F6.0
  • Vitesse 1/100 s
  • ISO 200

 

5 – Améliorer ses photos sous-marines avec un logiciel de retouche

Il ne s’agit pas ici de modifier votre photo sous-marine au point de créer une image qui ne soit plus réelle. Vous seriez surpris néanmoins de voir comment, avec des réglages très simples tels que la luminosité et le contraste, vous pouvez magnifier vos photos sous-marines.

Dans mon cas, après plusieurs années d’utilisation de Photoshop, j’ai décidé d’essayer le logiciel libre Gimp. Il m’a fallu un certain temps pour perdre mes habitudes avec Photoshop et en acquérir de nouvelles avec Gimp, mais je suis maintenant très contente de ce que j’arrive à en faire. Si vous souhaitez en savoir plus, j’ai préparé un article spécial sur comment je retouche toutes les photos sous-marines de ce blog à l’aide de Gimp.

Vous avez été nombreux à me contacter pour avoir des conseils complémentaires en photo sous-marine, alors n’hésitez pas à nous rejoindre dans le groupe Facebook « Plongée & Aventure » pour en discuter ensemble avec photo à l’appui.

 

 

 

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Posted by Florine

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