Plonger responsable : entre essais infructueux et petites victoires

Les plongeurs ont l’incroyable privilège de profiter de la beauté des 71 % de la planète que beaucoup ne verront jamais. Bien que nous soyons une communauté sensibilisée à la fragilité de l’environnement, avec les épisodes répétés de blanchiment des coraux et les animaux marins qui étouffent dans les déchets plastiques, pour devenir des plongeurs responsables, la question de nos voyages doit être posée. Mais de quoi parle-t-on exactement : d’écotourisme ? de tourisme durable ? de voyage slow ?

Les voyages de plongée sous-marine font partie de ce qu’on peut appeler l’éco-tourisme, qui consiste à voyager pour voir des espaces naturels. Le tourisme responsable englobe les voyageurs faisant de leur mieux pour minimiser les impacts négatifs, alors que le tourisme durable est davantage une politique de développement de l’offre touristique basée sur les bonnes pratiques.

L’idée derrière mon congé sabbatique était de me donner le temps d’une année pour faire des expériences qui seraient impossibles à réaliser avec simplement quelques semaines de vacances plutôt que de me fixer un itinéraire. Bien sûr, découvrir en profondeur certaines des plus belles destinations de plongée du monde en faisait partie mais je voulais aussi poursuivre un rêve d’enfance qui était d’étudier le japonais à Tokyo. Je voulais voyager plus lentement et avoir le temps de rendre ce voyage un peu plus responsable. C’est en partie la raison pour laquelle que j’ai décidé de ne pas partir en tour du monde. Peut-être parce que j’ai déjà fait de nombreux voyages, mais aussi de courir d’un endroit à l’autre sans se poser était la dernière chose dont j’avais envie.

Quelques mois avant de quitter Paris, j’ai écrit un article lié à mes premiers symptômes d’un véritable syndrome d’éco-anxiété. Bien que mon article se finisse sur une note positive, il était temps de tester si je pouvais mettre tout cela en pratique, en voyage. Lorsqu’on se retrouve dans un pays où l’on doit tout réapprendre, où les pratiques environnementales sont différentes, c’est loin d’être simple. Mes voyages au Japon et dans les îles du Pacifique ont mis à rude épreuve mes bonnes intentions. J’ai voulu donc lister, par ordre décroissant de succès, les choses sur lesquelles j’ai travaillé, celles qui ont plutôt bien fonctionné et celles pour lesquelles il va falloir continuer les efforts. Vouloir voyager de façon plus responsable, ce n’est pas toujours facile, mais l’important est d’identifier ce qu’on peut améliorer et faire mieux la fois suivante.

 

Pratiquer la plongée sous-marine de façon responsable

diving in Okinawa

taux de succès : 90%

Sans trop de surprise, je pense que je fais mieux dans ce domaine car j’ai eu plus d’occasions de m’y entrainer et plus de temps pour y réfléchir. Mais ne vous méprenez pas, je ne peux pas encore m’octroyer un 100 % de réussite.

Je vous recommande de consulter les infographies partagées par Green Fins. Le programme de développement de la plongée sous-marine responsable a été lancé en 2004 par la branche environnement de l’ONU (UNEP) en collaboration avec l’organisation caritative britannique The Reef-World Foundation. Ils proposent des contenus pédagogiques fantastiques pour les plongeurs et les centres de plongée afin de pratiquer la plongée de manière plus respectueuse, mais ils plaident également contre les emballages plastiques à usage unique, les activités avec nourrissage des poissons et la vente de souvenirs venant de la mer.

Voici une liste des points essentiels pour pratiquer la plongée sous-marine de façon plus respectueuse :

  • Parvenir à une maîtrise parfaite de sa flottabilité en visant une réduction des plombs avant de commencer à jouer avec une caméra sous-marine. Les coraux mettent des années à se développer et jouent un rôle essentiel dans la santé de nos océans et de notre planète. Vous pouvez protéger les récifs en gardant vos distances et en ne risquant pas ainsi un coup de palme dévastateur.
  • Bien accrocher son octopus, son manomètre et tout autre accessoire avec des clips si besoin sur sa stab pour éviter qu’ils ne traînent sur le sable ou les récifs de corail. Jetez un coup d’œil à mon compte-rendu BCD où j’explique en détail ma configuration.
  • S’émerveiller des tortues à distance, leur coquille est recouverte d’un mucus fragile qui les protège d’espèces envahissantes et que nous pouvons détruire en les touchant. De manière générale, la règle de ne pas toucher et ne pas poursuivre les tortues vaut pour toutes les autres espèces marines.
  • Boycottez toute plongée basée sur le nourrissage ou l’appâtage. Bien que je sois extrêmement sensible à ce sujet, je me suis fait piéger une fois l’année dernière avec des affirmations frauduleuses sur la protection des animaux.
  • Ramasser tous ses déchets à bord (oui, même cette peau de banane) et les ramener au centre de plongée. S’il est important d’empêcher tout déchet plastique ou mégot de cigarette d’entrer dans l’eau, les déchets organiques peuvent également avoir un impact négatif sur les écosystèmes marins. Allez un peu plus loin en ramassant les déchets plastiques que vous verrez en plongée. Même si vous ne pouvez en emporter qu’un seul, c’est mieux que rien.

Les nombreux problèmes liés aux attractions touristiques animalières affectent également la plongée sous-marine. Je me suis retrouvée piégée dans une horrible plongée où les requins étaient nourris juste ce qu’il fallait paraît-il pour les protéger. Quand j’ai vu ce qui se passait réellement sous l’eau, j’étais dégoutée et j’ai annulé ma 2e plongée. J’ai pris quelques photos pour documenter un prochain article de blog sur les plongées avec les requins dites de « feeding ». Sérieusement, il va falloir qu’on en parle.

Ce n’est pas directement lié à la plongée, mais pensez à seulement prendre des photos des coquillages ou morceaux de corail trouvés sur la plage, laissez-les sur place. J’ai été tentée de rapporter une coquille de nautile de Nouvelle-Calédonie. Cela m’a un peu attristée au début, mais je comprends que si des milliers voir des millions de visiteurs font la même chose, l’impact final peut être dévastateur. J’ai appris plus tard que les nautiles étaient des espèces protégées selon le CITES ! Attention, certaines destinations ont commencé à infliger des amendes aux touristes à l’aéroport lorsqu’ils découvrent des coquillages ou même juste du sable dans leurs bagages.

 

Des pique-niques sans plastique

how to be a responsible dive traveller

taux de succès : 70%

L’année dernière, avant mon congé sabbatique, j’ai publié un vlog (en anglais uniquement) sur la façon de partir en vacances sans produire de déchets plastiques. Je m’étais concentrée sur 3 éléments de base pour commencer sans se prendre la tête (sac fourre-tout, bouteille d’eau rechargeable et aucune paille), mais depuis j’ai réussi à développer mes habitudes zéro déchet à un autre niveau au cours des 12 derniers mois. Rappelez-vous que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas, alors 1, on réduit, 2, on réutilise, et 3, si on n’a pas d’autre choix, on recycle. Voici les objets qui m’accompagnent désormais à chaque sortie :

  • Gourde en inox : Dans les 12 dernier mois j’ai dû acheter 2 ou 3 bouteilles en plastique maximum à cause d’un oubli de ma gourde. Cependant, après avoir utilisé pendant des années ma gourde, j’ai finalement décidé d’investir dans un mug isotherme que je pourrais utiliser pour un café chaud ou de l’eau fraîche !
  • Tote-bag en tissu : Je me souviens d’avoir accepté 2 sacs en plastique pour en faire des sacs poubelles pour le pique-nique sous les cerisiers en fleur au Japon, je crois que c’est tout maintenant que j’ai toujours au moins 2 tote-bags sur moi. Vous pouvez facilement en trouver comme cadeaux gratuits ou en ramener un comme souvenir de vacances.
  • Ensemble de couverts en bambou : Aucun problème pour refuser une fourchette ou une cuillère en plastique, car on vous demande généralement si vous en avez besoin. J’ai recyclé les miens à partir d’un plateau-repas, mais vous pouvez trouver en ligne des kits bambou super pratiques avec leur pochette.
  • Paille en bambou : Les pailles auront vraiment été ma bête noire ! J’ai retiré 30 % de mon taux de réussite notamment à cause des pailles en plastique. Je ne peux pas compter combien de fois j’ai oublié qu’un café glacé ou un soda avec des glaçons est quasiment toujours servi avec une paille ! Même en demandant parfois, les serveurs oublient et me disent « Ah ! Mais c’est pas grave ça sera recyclé » (mais bien sûr). Du coup j’ai dû revoir ma stratégie, avoir ma propre paille de bambou sur la table aide et les cafés glacés ça sera dans mon mug isotherme désormais. Si vous achetez un ensemble d’ustensiles de bambou, il y a généralement une paille d’incluse.
  • Boite repas : Je ne sais pas pourquoi mais ça m’est venu que tardivement. Il me faudra néanmoins encore un peu plus d’entrainement pour que cela devienne une habitude. Vous pouvez réutiliser tout contenant étanche que vous avez déjà dans votre cuisine ou alors vous procurer une boite « bento » en inox.
  • Serviette de table en tissu : Au début c’était surtout pour emballer mes couverts en bambou, mais j’ai découvert c’était également pratique pour envelopper un sandwich ou un muffin. J’en ai récupéré une que j’avais à la maison.

Mes 7 mois au Japon ont été un cauchemar d’un point de vue des déchets plastiques. Leur utilisation des emballages et sur-emballages pour des raisons d’hygiène et de commodité est délirante. Bien sûr, leur programme de recyclage est l’un des plus élaborés au monde, mais repose aussi sur une quantité importante qui part à l’incinérateur (puisqu’ils ont arrêté la plupart de leurs centrales nucléaires, l’énergie doit venir de quelque part). Malgré tout, le Japon est le deuxième exportateur de déchets plastiques au monde derrière les États-Unis. Préoccupé par la mauvaise publicité à laquelle ils pourraient être confrontés lorsque le monde se pressera pour les Jeux olympiques de 2020, le Japon réfléchit maintenant à la question des sacs en plastique. Mieux tard que jamais très certainement. Entre-temps, l’UE a voté l’interdiction de la plupart des plastiques à usage unique d’ici 2021.

Alors, j’ai fait de mon mieux en refusant poliment les sacs en plastique au « konbini » (supérette) en disant « fukuro nashi de kudasai » et en achetant en priorité des « onigiri » (boulettes de riz) qui avaient un emballage minimal au lieu des grosses boîtes en plastique des « bento ». Un déjeuner assis peut coûter aussi peu que 500 ¥ (environ 4 €), alors quand j’avais 30 minutes devant moi, j’allais au restaurant si je ne pouvais pas préparer le mien et qu’un onigiri ne suffisait pas. Dans les distributeurs automatiques, j’achetais seulement les bouteilles en aluminium (une meilleure option recyclable). J’ai aussi fait de mon mieux pour comprendre les critères de tri entre déchets brûlables et non brûlables (ce qui signifie en fait recyclable).

Quelques mois plus tard, j’ai visité le Vanuatu, un pays en difficulté économique mais qui a pris la décision d’interdire les sacs en plastique, les pailles et les contenants alimentaires en polystyrène depuis juillet 2018. J’ai remarqué que sur les marchés de Port-Vila et de Luganville la plupart des fruits et des légumes étaient placés dans des paniers en palmes tressées, bien que les petits objets soient toujours placés dans des filets en plastique non visés par cette loi. Avec un déjeuner au marché coûtant moins de 3 €, cela a été étonnamment facile d’être en mode zéro déchet au Vanuatu.

 

Une trousse de toilette zéro déchet et zéro produit toxique

how to be a responsible dive traveller

taux de succès : 50%

Tenter le zéro déchet pour les cosmétiques était un tout nouvel objectif l’an dernier. Bien que j’aie commencé à utiliser du shampoing solide depuis 2010 parce que c’était plus pratique pour les voyages, deux mois seulement avant de quitter la France, j’ai commencé à expérimenter la fabrication de produits maison tels qu’un nettoyant visage, une crème hydratante, du dentifrice, du déodorant et un après-shampoing. Comme prévu, j’ai dépensé pas mal d’argent au début parce que je ne savais pas encore quels ingrédients étaient les meilleurs pour moi. Ce que j’ai découvert au final, c’est moins une recette cosmétique contient d’ingrédients meilleure elle est. J’utilise de plus en plus des produits purs.

Après de nombreux essais, mois après mois, voici ce que j’ai désormais dans mon vanity :

  • Savon biologique : J’ai essayé de nombreuses marques, comme les savons à la coupe Lush, mais finalement leur parfum trop fort et la quantité de colorant ont fini par me lasser, en revanche leur petite boite en métal est géniale. De passage en Nouvelle-Calédonie, j’ai adoré les savons à l’huile de coco parfumés à vanille mais depuis mon retour en France, les savons de Marseille bio à la lavande ou la fleur d’oranger ont ma préférence (attention éviter ceux à l’huile de palme). J’ai finalement découvert qu’en combinaison avec une petite éponge konjac, je pouvais me débarrasser de mon nettoyant visage.
  • Shampooing solide : Dans ce cas, je n’ai pas trouvé de meilleur choix que le shampooing solide Lush et sa petite boîte en métal. Mon préféré est le Jumping Juniper à la lavande.
  • Huile de noix de coco : Utilisée pour revitaliser et démêler les cheveux avant le shampooing, en base pour fabriquer son déodorant ou son dentifrice, essayez d’acheter en priorité de l’huile de coco bio conditionnée dans un bocal en verre.
  • Huile de jojoba : Excellent hydratant pour le visage en petite quantité, parfait comme démaquillant en augmentant la quantité. Préférez l’huile de jojoba bio emballée dans un flacon en verre.
  • Gel d’aloe vera : Excellent hydratant surtout en cas de coups de soleil, à utiliser de préférence la nuit. Préférez le gel d’aloe vera bio emballé dans un flacon en verre ou apprenez à fabriquer votre propre gel. Dans les destinations tropicales, il est très facile d’en trouver.
  • Huile essentielle d’arbre à thé : Le produit antiseptique naturel absolu, l’une des rares huiles essentielles pouvant être utilisée pure, mais attention à la quantité. Un bouton qui s’infecte ? Une piqûre de moustique ? L’huile essentielle d’arbre à thé (tea tree) vous soulagera en moins d’une journée. Je l’utilise dans mon déodorant et mon nettoyant visage.
  • Brosse à dents en bambou : J’en ai mis du temps avant de commencer. C’était frustrant mais à 8€ pièce en magasin il faut arrêter de délirer. J’ai fini par acheter mes brosses à dents en bambou en ligne à mon retour, elles ont un coût plus raisonnable en les achetant par 4 (j’ai eu un joli étui en bambou en prime).

Cependant, il reste des problèmes auxquels je suis confrontée :

  • Crème solaire non toxique pour les coraux : Je ne sais pas si vous avez remarqué sur mes photos, mais je suis du genre blanche, très blanche. Donc, me protéger du soleil n’est pas quelque chose que je prends à la légère, et la version maison au zinc d’une amie n’a pas bien fonctionné pour moi (aïe !). Je galère vraiment à trouver un écran solaire bio sans danger pour les coraux qui ne soit pas dans un emballage plastique (certains vont jusqu’à dire que l’emballage est biodégradable mais quand on cherche les conditions de dégradation ça fait rire jaune). En Nouvelle-Calédonie il y avait plusieurs options bio (toutes en emballage plastique) et impossible d’en trouver au Japon. Je compte désormais principalement sur mon chapeau et mon lycra Aqua Lung traité contre les rayons UV. Voici un guide utile sur les crèmes solaires non toxiques, mais faites-moi savoir dans les commentaires si vous avez trouvé une bonne marque.
  • Déodorant et dentifrice faits maison : Si je pars en voyage plusieurs mois de suite et que je ne reste pas chez quelqu’un qui a du bicarbonate de sodium et de la maïzena dans sa cuisine, je finis par arriver à court et à un moment donné je rachète des produits standards. Je vais continuer à travailler là-dessus et voir comment je pourrais m’organiser. Par ailleurs, laissez-moi savoir dans les commentaires mes recettes de cosmétiques maison vous intéressent.

 

Se lancer dans le voyage slow pour réduire son empreinte carbone

Ishigaki Yonaguni Ferry

taux de succès : 40 %

À la suite du mouvement «flygskam» en Suède, il est difficile aujourd’hui de ne pas parler de l’impact des moyens de transport que nous prenons lorsque nous voyageons. En tant que plongeurs, cela nous touche particulièrement : nous allons souvent dans des destinations tropicales pour admirer les récifs coralliens des mers chaudes. Lorsque j’ai écrit mon article sur la protection des océans l’année dernière, j’ai un peu fait l’autruche au sujet du transport aérien. Notant que l’aviation (passagers et fret) représentait moins de 3 % des émissions mondiales de CO2, j’ai pensé que ce n’était pas la chose la plus importante à combattre.

Pourtant, ce que je comprends maintenant, c’est que même à un niveau presque marginal, c’est la source d’émission de CO2 qui croît le plus rapidement. Certaines organisations prévoient que cela représentera entre 6 % et 12 % d’ici 2050. Même si la croissance de l’industrie du tourisme provient principalement de Chine et d’Inde, les derniers chiffres de l’UE montrent que, entre 1990 et 2017, les émissions des transports aériens ont augmenté de 15 % dont 3 % rien qu’entre 2016 et 2017, dont 75 % en provenance de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne. Cependant, n’oublions pas que le transport routier représente aujourd’hui dans l’UE 25% des émissions de CO2, partagées à parts égales entre les passagers et le fret. Au cours de la période 1990-2017, les émissions des transports routiers ont augmenté de 19 %.

Au niveau individuel, le problème c’est que voler peut absorber tous vos efforts de l’année avec un seul vol long-courrier. Je vous invite à tester un calculateur en ligne. Bien que, malheureusement, aucune des options en ligne ne donne des résultats cohérents en raison du trop grand nombre de variables, l’idée est plus pédagogique que de fournir des chiffres précis. En jouant avec l’outil, vous pouvez facilement voir les différents poids de tout ce que nous faisons. J’ai utilisé le site mentionné ci-dessus pour comparer mon année 2017 et mon année 2018. En 2017, je travaillais à temps plein, j’ai fait 12 voyages d’affaires et 4 voyages de plongée. En 2018, je suis partie pour mon congé sabbatique, mais j’ai aussi fait deux voyages en Europe avec des amies avant mon départ. Eh bien, je ne peux pas dire que j’en suis fière, mais je suis à 4,4 planètes pour 2017 (soit 16,5 tonnes d’équivalent CO2) et pour 2018, je suis descendue à 2,5 planètes (soit 8,9 tonnes équivalent CO2). En ne voyageant pas pour de courts voyages d’affaires et ne faisant qu’un seul long voyage dans une région donnée avec un itinéraire de vol optimisé, j’ai diminué mon empreinte de 46 %.

Qu’en est-il de la compensation des émissions ? Bien que l’idée soit intéressante, elle a fini par s’étendre à l’idée que tout don à une association est une forme de compensation. Je ne dis pas de ne pas faire de dons à de bonnes œuvres, mais je déteste les déclarations frauduleuses qui jouent sur la culpabilité des gens. Certaines personnes disent que ce qu’il faut vraiment, c’est un programme d’absorption consistant à planter des arbres ou des récifs coralliens (ce qui serait même peut-être plus pertinent pour nous, plongeurs). Mais je suis encore dans une phase sceptique avec les ONG. Je suis tombée trop souvent sur des cas où les bonnes intentions ont été transformées en profits (ou coûts opérationnels si vous préférez) avec un résultat proche de zéro.

Donc, je ne vous dirai pas de ne pas prendre l’avion, car déjà ça serait assez culotté venant de ma part, et que si c’est fait correctement, je crois toujours au fantastique pouvoir pédagogique et de transformation des voyages. Cependant, nous devrions peut-être nous demander à chaque fois s’il existe des alternatives ou si nous pouvons alterner des vacances de plongée tropicales avec des destinations de plongée plus proches. C’était l’idée originale de mon blog de montrer qu’on n’avait pas forcément besoin d’aller loin tout le temps pour vivre des micro-aventures de plongée passionnantes. À mon retour du Japon ce printemps, j’ai décidé de me calmer et de ne voyager qu’en train cet été avant de me lancer dans une nouvelle aventure avec un itinéraire optimisé pour éviter les vols inutiles. Mon idée pour l’instant serait d’arrêter de prendre l’avion quand je suis en Europe. Notre réseau de chemins de fer est bon, le bus est une bonne alternative quand les tarifs du train sont trop chers, et il existe de nombreuses destinations de plongée extraordinaires en Europe.

Si vous me dites qu’il y a juste un manque d’alternatives à un prix compétitif, je vous comprends tout à fait. La différence de prix entre les avions et les trains au Royaume-Uni était par exemple choquante au point que je n’ai jamais pris le train sur de longues distances au Royaume-Uni pendant mes deux années passées en Écosse. Dans le cas des îles, je peux également regretter profondément la disparition constante des liaisons par ferry, comme à Hawaii (le seul ferry restant est Maui-Lanai) ou à Okinawa (les îles de Miyako et d’Ishigaki ne peuvent être atteintes qu’en avion). J’utilise le site web Rome2Rio pour trouver des itinéraires alternatifs.

Si vous ne disposez pas de suffisamment de temps, souvenez-vous que l’esprit du voyage slow s’applique même pour seulement 2 jours. Choisissez une destination proche où vous pouvez aller en train et profitez du paysage en route. Si vous rêvez d’une destination exotique, attendez encore un peu et planifiez de façon à pouvoir rester aussi longtemps que possible, afin que votre voyage ait un bénéfice réel.

 

Pour aller plus loin dans vos lectures,

The Green Geekette – L’impact carbone de mes voyages

Tourdumondiste – Comment limiter son empreinte écologique en voyage ?

 

Autres points à considérer pour des voyages plus responsables

how to be a responsible dive traveller

Pour conclure cet article de blog un peu long, voici une liste non exhaustive d’autres points à prendre en compte si vous souhaitez rendre vos voyages plus responsables :

  • Réduire sa consommation d’eau douce : A force de parler de changement climatique et de pollution plastique on en oublierait presque que nous sommes confrontés à une crise de l’eau potable dans de nombreux endroits.
  • Manger le moins de viande et de poisson possible : nous ne pouvons nier l’impact significatif de l’élevage sur le changement climatique (9 à 10 %, soit 3 fois plus que les transports aériens) et sur la façon dont la surpêche vide les océans. Même des pays comme la France ou le Japon sont devenus plus « veggie-friendly » ces dernières années.
  • Lutter contre le tourisme de masse : quelques idées en vrac, éviter les appartements Airbnb qui ont été conçus pour être loués à 100% du temps et préférez une chambre d’hôte, en particulier dans les grandes villes ; respecter les chemins balisés lorsque vous allez dans la nature, essayer des destinations hors des sentiers battus ou privilégier la basse saison dans des lieux très fréquentés.
  • Sachant que la plupart des attractions avec des animaux ne sont pas exemptes de cruauté, renseignez-vous bien de quoi il en retourne avant de participer à une activité impliquant des animaux; cela inclut les zoos et les aquariums.
  • Si vous voulez faire du volontariat à l’étranger, cherchez des informations ce qui se passe réellement car la grande majorité des expériences de « volontourisme » que vous trouverez en ligne sont des expériences payantes. Malheureusement, bien que cela puisse être une raison légitime de financer une association caritative, beaucoup transforment nos bonnes intentions en un marché rentable.

 

Pour aller plus loin dans vos lectures,

Planet Addict – Le tourisme de masse, un vrai problème

Planet Addict – Tourisme et Volontariat

 

Tout en essayant d’être une plongeuse aussi responsable que possible, je reconnais également qu’en tant que consommateurs, que nous ne pouvons être tenus responsables de toutes les mauvaises pratiques, parfois aucune alternative satisfaisante ne nous est proposée. Ce qui est encore plus improductif est de se battre pour déterminer qui est plus vert que qui. Nous n’avons pas besoin de sur-responsabilisation mais d’actions politiques. Faites des essais, faites des erreurs, si vous n’êtes pas encore un modèle écoresponsable infaillible ce n’est pas ça qui compte. Ce qui est important c’est que tous ces sujets ne soient plus ignorés.

« Nous n’avons pas besoin de quelques de personnes faisant tout à la perfection, nous avons besoin de millions de personnes qui essaient de façon imparfaite ».

 

 

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Posted by Florine

  1. Merci pour ce blog, clairvoyant et non moralisateur.
    J’ajouterai qu’il y a plein de plongees a faire, près de chez nous. (Belgique, Nord, Pays-Bas, Bretagne) Malheureusement, soit on est pleinement autonome, soit il faut de la chance pour avoir des places dans les centres en France. Tous les bons WE, pour la marée, sont réservés pour des stages FFESSM. Il y a pourtant bien des choses a découvrir là aussi.

    Répondre

    1. Merci! Oui j’ai inclu un lien vers les meilleurs sites de plongée en Europe dont la France et les Pays-Bas. C’est un peu plus facile dans les zones touristiques telles que la Côte d’Azur par exemple.

      Répondre

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